C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la disparition de notre ami et ancien collègue, Thomas Garel, survenue le 29 juin 2026 à Montréal, dans sa 75ème année, des suites d’une crise cardiaque.
Thomas Garel est arrivé à l’IPhT (SPhT à l’époque) en 1987. Auparavant, il était CR1 au CNRS, affecté au Laboratoire de Physique des Solides d’Orsay qu’il avait rejoint après un postdoc à Stanford. Thomas était un spécialiste de la physique des solides. Il a apporté des contributions majeures sur le magnétisme (phases modulées), les polymères (renormalisation le long de la séquence chimique, polymères magnétiques), les systèmes désordonnés (verres de spin, hétéropolymères), les biopolymères (ADN, protéines), les problèmes de localisation d’Anderson et des développements importants de la théorie de la renormalisation dans l’espace réel. Par ailleurs, pendant de nombreuses années, il a été examinateur au concours d’entrée à l’école Polytechnique, et a créé à cette occasion de très nombreux exercices, et a écrit des articles pédagogiques sur des sujets difficiles et fondamentaux de physique.
Durant son séjour à l’IPhT, il a surtout collaboré avec Cécile Monthus, Cirano De Dominicis, et Henri Orland. Henri souligne à quel point Thomas avait une connaissance encyclopédique, aussi bien en physique qu’en histoire, et sa culture générale était exceptionnelle. Thomas était doué d’une curiosité insatiable et d’une mémoire phénoménale, qui en faisait une source intarissable d’informations. Il était très ouvert à toutes les discussions scientifiques et était toujours prêt à aider les étudiants et ses collègues à rechercher des solutions à leurs problèmes. J’ai eu personnellement le plaisir de partager son bureau quand j’étais en thèse ici et j’en garde de très bons souvenirs.
Thomas avait pris sa retraite et quitté l’IPhT début 2014. Son décès nous prive d’un ami et laisse un grand vide parmi nous.


