Aspects stochastiques de QCD à haute énergie
Suite à des progrès théoriques récents, il est devenu clair que les interactions fortes dans le régime de hautes énergies entraînent des processus stochastiques assez proches de certains problèmes modernes de la physique statistique. Les quantités qui jouent le rôle de variables aléatoires sont les densités des partons dans l’espace des phases (ou les éléments de matrice S décrivant leurs interactions), dont la distribution évolue avec l’énergie d’après des équations propres à la physique statistique (des équations de type maî tresse, Fokker-Planck, ou Fischer-Kolmogorov). Pendant des années, les formalismes théoriques ont privilégié les aspects de type champs moyens, censés dominer le régime de très haute énergie (le « Color Glass Condensate », ou CGC) où les nombres d’occupation sont grands. Cependant, des travaux plus récents, dont je vais donner un aperçu dans mon exposé, démontrent que les fluctuations dans le régime de faible densité jouent un rôle essentiel dans l’évolution vers le CGC, et déterminent les propriétés de ce dernier. L’étude de ces fluctuations nous a conduit à appliquer à QCD certaines techniques développées récemment (notamment par Brunet et Derrida) pour l’analyse de la propagation des fronts en présence de fluctuations.
SPhT, CEA/Saclay

