Décès de Marc Chemtob (1940-2026)

Décès de Marc Chemtob (1940-2026)

C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de notre collègue Marc Chemtob, survenu le 11 août 2026 à l’âge de 85 ans.

Né le 12 décembre 1940 à Alexandrie (Égypte), Marc a effectué toute sa carrière au sein du Service de Physique Théorique du CEA Saclay.

Marc est arrivé au CEA comme stagiaire de longue durée le 17 septembre 1962, d’abord au Synchrotron Saturne puis, à compter du 26 novembre 1962, au Département des Études de Piles dans le Service de Physique Mathématique de Claude Bloch, qui deviendra le Service de Physique Théorique début 1963.

De 1963 à 1969, il travaille au sein du SPhT comme boursier de thèse de l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires, sous l’encadrement de V. Gillet, dans le domaine de la physique nucléaire de basse énergie. Il obtient son doctorat d’État en 1969.

Marc entre au CNRS en octobre 1969 et y restera jusqu’à sa retraite en 2007 comme Directeur de Recherche de première classe. Parmi ses collaborateurs du SPhT ont figuré : J.-P. Blaizot, A. Billoire, Ph. Brax, A. Lumbroso, S. Lavignac, H. Navelet, R. Pechanski et M. Rho. Des séjours à l’Institut Niels Bohr de Copenhague, à Stony Brook et au Technion d’Haïfa ont nourri son ouverture scientifique et internationale.

Marc s’est d’abord illustré dans la physique nucléaire de basse énergie et l’étude des interactions fortes : ses travaux sur les courants d’échange mésoniques, notamment ceux réalisés avec Mannque Rho sur les courants d’échange dans les interactions nucléaires faibles et électromagnétiques, restent des références du domaine. Ses recherches ont embrassé une grande diversité de sujets en physique nucléaire et hadronique, mais aussi en phénoménologie des particules vers laquelle il se tourne dans le milieu des années 1990. Il aborde alors des sujets liés à la physique au-delà du Modèle Standard, la supersymétrie (il co-rédige dans ce domaine une importante revue sur la supersymétrie avec brisure de la R-parité), et, vers la fin de sa carrière, il explore également la phénoménologie des cordes, travaillant sur les compactifications orbifold avec D-branes.

Personne discrète et chaleureuse à la fois, Marc se tenait à l’écart du bruit et de l’agitation, poursuivant ses travaux avec persévérance et une rare détermination. Il restera dans les mémoires comme un chercheur passionné, d’une grande bienveillance, dont la compagnie était toujours agréable.

La communauté perd un physicien d’une grande rigueur, dont les contributions auront couvert avec égale maîtrise la physique nucléaire et la physique des particules. Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches.